Le Français Romain Rachline Borgeaud fait claquer Londres. STORIES, The Tap Dance Sensation. Rencontre avec son créateur français, Romain Rachline Borgeaud. Peacock Theatre.
" Il y a quelques moments où, systématiquement, on entend le public retenir son souffle ou réagir de surprise. J’adore ressentir cet étonnement dans la salle."

Claquettes, jazz urbain, cinéma et énergie explosive : après avoir conquis plus de 300 000 spectateurs en Europe, la RB Dance Company revient à Londres avec STORIES , The Tap Dance Sensation. Rencontre avec son créateur français, Romain Rachline Borgeaud.
Oubliez un instant l’image traditionnelle des claquettes façon Broadway. Avec STORIES, la RB Dance Company les propulse dans un univers résolument contemporain, où elles rencontrent le jazz urbain, les percussions, le théâtre et le cinéma.
Créée par le Français Romain Rachline Borgeaud, la compagnie s’est fait connaître du grand public en atteignant la finale de La France a un incroyable talent en 2018. Depuis, STORIES a imposé son identité singulière et séduit le public bien au-delà de la France.
Notre interview de Romain Rachline Borgeaud, créateur de STORIES.
Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et nous raconter comment vous êtes venu à la danse ?
J’ai découvert la danse très jeune à travers les claquettes, avant de me former au jazz et d’intégrer l’École supérieure de danse Rosella Hightower à Cannes, en cursus danse-études. J’ai ensuite poursuivi ma formation à l’Alvin Ailey à New York et dansé avec la 360° Modern Dance Company.
Avant même de commencer ma formation, j’étais un grand admirateur de Gene Kelly et de Michael Jackson. Ils m’ont incontestablement donné envie de danser, et j’ai toujours été fasciné par leur sens du spectacle. Enfant, je suis tombé amoureux du style de Gene Kelly : c’est grâce à lui que j’ai commencé la danse et les claquettes.
Je jouais également du violoncelle depuis l’âge de 4 ans, ce qui m’a ensuite conduit à apprendre le piano et la guitare. La musique et la danse ont donc occupé une place immense dans ma vie dès mon plus jeune âge.
J’ai dansé dans plusieurs comédies musicales aux États-Unis — A Chorus Line, Hairspray, Cats, Anything Goes — avant de revenir en France en 2014 pour jouer au Théâtre Mogador dans Le Bal des Vampires, puis dans Singin’ in the Rain et 42nd Street au Théâtre du Châtelet à Paris.
Travailler dans la comédie musicale a confirmé mon amour pour la narration et les claquettes, et les États-Unis ont été pour moi un formidable terrain de formation en tant qu’artiste de scène.
J’ai fondé la RB Dance Company en 2018 afin d’explorer la rencontre entre les claquettes et le jazz urbain. C’est de cette recherche qu’est finalement né STORIES, la première création de la compagnie.
Quelle a été votre inspiration pour STORIES ?
Je voulais utiliser le cinéma comme thème symbolique. Le spectacle joue sur une dualité : pour le personnage principal, il y a la vie réelle et ce qui se passe dans les films. Différents aspects de son existence sont explorés à travers ces deux perspectives.
J’étais très intéressé par l’idée de transposer sur scène cette opposition entre ce qui se passe à l’écran et hors écran. C’est aussi une manière de rendre hommage à différents films, puisque chaque scène s’inspire d’un film différent.
J’ai d’abord écrit le spectacle, puis la mise en scène, ensuite la musique et enfin la chorégraphie. Mais tout au long de ce processus, le mouvement était constamment présent dans mon esprit. J’ai donc laissé la chorégraphie se développer progressivement au fil de ces différentes étapes afin qu’elle puisse s’imposer naturellement lorsque nous sommes arrivés aux répétitions.
Le spectacle est interprété par une formidable troupe de 10 artistes. Pouvez-vous nous parler un peu de leurs rôles ?
Il existe des rôles bien définis dans la narration du spectacle, mais en même temps, à l’exception du personnage principal, Icare, tous les interprètes font également partie de l’ensemble.
À bien des égards, STORIES est une œuvre collective, et ce jeu entre l’ensemble et les personnages participe à cette oscillation permanente entre le rêve et la réalité.
J’ai créé le spectacle en 2019 et il gardera toujours une place particulière dans mon cœur. Mais aujourd’hui, ce sont les interprètes qui font vivre le spectacle.
Chaque fois que je les vois tout donner sur scène, la magie opère. Je me sens privilégié de voir des artistes aussi extraordinaires donner vie au spectacle soir après soir. Ce sont eux qui ont rendu toute cette aventure possible jusqu’à présent, et j’espère qu’ils connaîtront le succès qu’ils méritent.
Le spectacle a déjà rencontré un immense succès, notamment avec une première série de représentations à guichets fermés en 2024. Qu’est-ce qui vous enthousiasme particulièrement dans ce retour au Royaume-Uni et cette tournée ?
C’est un honneur et un formidable défi pour nous de nous produire devant le public britannique, qui a l’habitude de voir des spectacles de danse et des comédies musicales.
Le spectacle rend hommage à la comédie musicale traditionnelle tout en la revisitant de manière contemporaine. Je suis très impatient de découvrir comment il sera accueilli cette fois-ci dans différentes villes du Royaume-Uni, par rapport à Londres, mais aussi de ressentir ce que représente une série de représentations plus longue dans le West End.
À quoi le public peut-il s’attendre en venant voir STORIES ?
Ce qui me frappe le plus, c’est toute l’énergie que le public reçoit du spectacle.
Je voulais également que le décor soit un véritable personnage, qu’il se transforme tout au long du spectacle. Je ne souhaitais pas que les artistes dansent simplement dans un décor, mais qu’ils dansent réellement avec lui.
Le parcours d’Icare l’entraîne dans de nombreux univers différents. Le fait que le décor se transforme autour de lui permet de maintenir l’attention sur son personnage tout en créant constamment la surprise grâce aux nouvelles manières de l’utiliser.
Il y a quelque chose de magique et de profondément théâtral dans cette transformation permanente. C’est d’ailleurs devenu l’un des éléments du spectacle que le public apprécie le plus.
Quel est votre moment préféré dans le spectacle — ou ce que vous aimez le plus dans STORIES de manière générale ?
Cela change constamment. Chaque fois que je vois le spectacle, j’apprécie et redécouvre des choses différentes.
Mais il y a quelques moments où, systématiquement, on entend le public retenir son souffle ou réagir de surprise. J’adore ressentir cet étonnement dans la salle.
Pourquoi faut-il venir voir STORIES ?
Pour en ressortir rempli d’énergie !
Si vous aimez déjà les claquettes, pour les aimer encore davantage.
Et si vous ne les aimez pas… pour découvrir qu’il existe peut-être un univers dans lequel vous allez finalement les adorer.
Après une première venue remarquée à Londres en 2024, le spectacle revient cet automne au Peacock Theatre, la scène West End de Sadler’s Wells, pour une nouvelle série de représentations du 14 au 31 octobre 2026.

Une histoire racontée par la danse
STORIES ne se contente pas d’enchaîner les numéros de danse. Le spectacle raconte une histoire.
Son héros, Icare, est un jeune acteur qui connaît déjà le succès au cinéma. Mais derrière l’écran, il vit sous l’emprise d’un réalisateur autoritaire. Une confrontation entre les deux hommes va bouleverser son existence.
Entre réalité et fiction, plateau de cinéma et vie personnelle, son parcours devient le fil rouge du spectacle. La scénographie elle-même se transforme au fil du récit et participe pleinement à l’action.
Le résultat tient autant du spectacle de danse que de la comédie musicale et du cinéma : une succession de tableaux visuels portés par la puissance rythmique des claquettes.
De Gene Kelly au jazz urbain
Romain Rachline Borgeaud a imaginé STORIES comme une nouvelle façon de raconter une histoire par le mouvement.
Formé à la danse dès son plus jeune âge, passé par l'École Rosella Hightower à Cannes puis par Alvin Ailey à New York, il a également dansé dans plusieurs comédies musicales aux États-Unis avant de retrouver les scènes françaises.
Ses influences vont de Gene Kelly à Michael Jackson et expliquent sans doute cette volonté de faire dialoguer le spectacle musical classique avec une gestuelle beaucoup plus contemporaine.
Avec STORIES, les claquettes deviennent ainsi un véritable langage scénique : rapides, physiques, parfois presque percussives.
Une French Touch plutôt inattendue dans la programmation londonienne de cet automne.
STORIES – The Tap Dance Sensation
Peacock Theatre, Holborn
14–31 octobre 2026





















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