My London par Daniela de Montby.

February 27, 2019

Portrait sur le macadam londonien.

(c) Rankoni

 

Daniela bonjour, merci d’accepter une interview pour London Macadam magazine,

le magazine des 300 000 Français de Londres www.londonmacadam.com 

 

London Macadam : Pouvez-vous vous présenter ?

Daniela : Je m'appelle Daniela Isenschmid de Montby. Mais pour mes clients, je me présente simplement comme Daniela de Montby, qui me semble davantage approprié à des sacs à main. Si j'avais vendu des voitures de luxe, j'aurais bien sûr gardé le Isenschmid ! De Montby est le nom de mon mari et je le porte avec fierté et le désir de le faire rayonner au travers de mes créations !

J'ai une formation de psychologue qui a débouché, à coups de hasards et par passion personnelle, sur la mode.

J'ai pour Londres un amour aveugle. J'aime cette ville avec passion et ne lui trouve aucun défaut. Pour moi, c'est la cité de tous les possibles. Je ne m'en lasserai jamais.

 

London Macadam : Quelle est votre activité, racontez la naissance de ce beau projet ?

Daniela : Je suis fashion designer. La mode est pour moi innée et j'ai vite compris qu'elle était la forme d'expression la plus efficace en ce qui me concerne. Je dis souvent “ils ne m’écouteront jamais si je chante mais ils prêteront TOUJOURS attention à ce que je porte” !

Pour moi, l'entrée officielle dans le monde de la mode fut une de ces “coïncidences” voulues par le cosmos. J'étais allée à une conférence pour retrouver et débattre avec des collègues psychologues et je portais une robe que j'avais cousue moi-même et un sac à main que j'avais assemblé à partir d'herbes et de roses de velours. Ce sac m'a valu des montagnes de compliments et j'ai fini par accepter de le vendre à une femme après qu'elle m'a déclaré : “la vie ne m'intéresse plus si je ne possède pas ce sac”. Je suis rentrée chez moi certes sans mon sac mais avec un sentiment de satisfaction que j'avais rarement éprouvé auparavant : c’était la première fois que je réalisais que les accessoires que je créais avaient peut-être un sens plus large que la simple expression de mon moi. L’idée de quitter le métier de psychologue et de me lancer dans la mode m'a effleurée pour la première fois ce soir-là et ne m'a plus quittée depuis. Je me suis mise à créer, dessiner des sacs et accessoires et ma boutique de King's rd est le résultat direct de cette soirée déterminante il y a… quelques années, car n'oubliez pas que je n'ai que 27 ans !

Je crée des modèles uniques en quantité suffisante pour que chaque client potentiel puisse trouver celui qui correspondra à sa personnalité. Bien entendu, c'est une mission quasi-impossible mais c'est celle à laquelle je suis attelée avec une passion absolue. J'aime penser à ma boutique comme à une sorte de pays d'Alice au pays des merveilles, un lieu unique et magique où inévitablement vous trouverez le sac ou l'accessoire fait pour vous et pour vous seule. Je peux bien sûr également faire le processus à l'envers et dessiner votre sac-à-main à partir d'une consultation qui me permettra de comprendre votre personnalité… si vous osez suivre le lapin d'Alice et vous laisser tomber dans son univers merveilleux !

 

London Macadam : Comment vous est-il venu l’idée de créer des sacs de luxe ?

Daniela : Mon inspiration repose sur la volonté d’en mettre “plein les yeux” au travers d'un art que j'appelle “fonctionnel”. Le monde de la haute-couture est trop souvent associé à des tailles 0 et, en tant que designer, psychologue et maman de deux petites filles, je suis totalement opposée au fait d'imposer aux enfants un modèle complètement irréaliste, avec tous les dangers que cela comporte. C’est pourquoi je me suis dirigée vers la création de sacs à main et accessoires : cela n’implique pas de taille à choisir ou de critique du corps : il s'agit juste de la philosophie du “j'aime/j'aime pas”, qui est saine et sans danger.

Je dois vous faire une confession : je n'ai aucune formation en design et je suis entièrement autodidacte en matière de sacs à main. De cette manière, j’ai dû me former à chaque degré de la création. Cela me permet d'être intimement impliquée dans chaque étape, du choix des cuirs à la forme des fermoirs. Je me suis entourée des meilleurs artisans, de véritables génies qui ont su donner corps à mes dessins. Si vous venez dans ma boutique, vous verrez un travail du cuir qui vous coupera le souffle, j'en suis certaine.

Cela n'a pas été facile tous les jours mais à force d'obstination, de persévérance, je suis là où je suis aujourd'hui. J'ai dû forcer de nombreuses portes avant qu'elles ne s'ouvrent d'elles-mêmes sur mon passage !

 (c) Sara Annovi

 

London Macadam : Qu’est ce qui fait que votre boutique plait tellement aux Français ?

Daniela : Tout d'abord elle est située à Chelsea, un quartier très français. Je crois aussi que le nom français et les armoiries de ma boutique les intriguent et ils entrent souvent pour m’en demander les origines qui remontent aux Xl ème siècle, dans ce qui est aujourd'hui le Doubs. Mais surtout, les Français, hommes et femmes, ont un flair inné pour la mode et je suis flattée qu'ils aiment le style de ma boutique. Ils apprécient mes sacs à main et Laure, une de mes clientes françaises, au moment où je parle, vient d'acquérir son quatrième sac de Montby !

Les Françaises sont aventureuses par nature, avec la fantaisie nécessaire pour comprendre mes créations et mon univers. Je le sais au travers de mon mari, de ma belle-famille et des parents que je rencontre à la Fulham Bilingual School où sont scolarisées mes filles.

Je propose également quelque chose qui ne peut parler qu'aux Français : un étui de cuir aux couleurs de la France afin de protéger le légendaire Livret de famille ! J'avais d'abord créé un exemplaire unique à mon usage personnel car je perdais sans cesse mon Livret et devant l'enthousiasme de mes amis et connaissances françaises, j’en ai fait fabriquer d'autres et ils se vendent incroyablement bien.

Je suis fière de mes liens avec communauté française, et du succès que mes créations et mon univers remportent auprès d'elle !

 

London Macadam : Est-ce que le mariage de l’art, du luxe et de la psychologie a toujours été une évidence pour vous ?

Daniela : Oui et non. Quand on choisit une carrière on ne pense pas forcément à comment on pourra la marier à d'autres centres d'intérêt. Et puis, comme je l'ai raconté plus tôt, au gré des rencontres et des coïncidences, les choses se dessinent peu à peu.

J'ai failli abandonner la psychologie au profit du trapèze volant, que je pratiquais avec passion : om m'a proposé de rejoindre le National Centre for Circus Arts afin de faire partie du spectacle d'ouverture du Millenium Dome. Il a fallu faire un choix et j'ai dû faire celui, affreux pour moi, de décliner cette offre. Heureusement lorsque j'ai choisi la mode, je n'ai pas eu besoin de renoncer à la psychologie puisque qu'elle fait partie intégrante de mon processus de création !

En effet, la connaissance psychanalytique est une des bases de ma créativité. Ce qui donne à ma marque son caractère unique, c'est le concept de “psychologie cosmétique interprétative”. Il m'est arrivée au début de penser que cette approche pouvait nuire à ma propre créativité de dessinatrice de mode. J'ai donc fusionné les deux choses et c'est ainsi que ce j'ai appelé la “handbagology” est née : la psychologie interprétative du rapport qui existe entre la personnalité d’une personne et le sac à main qu'elle choisit.

Je serais folle de joie si je pouvais créer quelque chose au-delà d'une boutique de sacs à main : un lieu magique, une croisée des mondes où sacs à main et œuvres d'art se rencontrent. Un lieu où, quand on y entre, tous les sens sont happés et stimulés par la multitude des objets fabuleux, fascinants qui s'y trouvent.

 

London Macadam : Vos derniers modèles et les projets pour 2019 ?

Daniela : Mes derniers modèles : ma ligne de sacs de voyage “Mary Poppins”, mes sacs “boîte à chapeau”. La collection BBB (Bewitchingly Beautiful Briefcase) pour homme et femme est devenue iconique et je la renouvelle sans cesse : le dessin est très classique mais leur fantaisie réside dans le travail du cuir, la texture et les couleurs qui font que chaque BBB est unique.

Je viens également de renouveler mon stock d'étuis pour Livret de famille.

Pour l'avenir proche, je travaille avec mes artisans sur la viabilité de la peau de poisson comme alternative à la peau de crocodile ou de serpent. Je suis soucieuse de la préservation des espèces en plus d'être aventurière : la peau de poisson a un rendu magnifique mais est très fragile et difficile à travailler, surtout pour des objets aussi gros que les sacs à main. Mais patience, j’y travaille et j'espère avoir une nouvelle excitante à vous annoncer d'ici l’été !

J'ai également le projet d'intégrer des cabochons à certaines de mes créations mais là encore, je n'en dis pas plus !

 

London Macadam : Comment nous rendre dans votre boutique ? Ou vous trouver en ligne ?

Daniela : Ma boutique se situe au 406 King's rd. Vous ne pourrez pas la manquer avec sa façade dorée ! Ma boutique en ligne danielademontbyhandbags.com est entièrement fonctionnelle mais vous n’y trouverez qu'environ 20% de mes créations. Avec des modèles uniques, il est vraiment préférable de de venir dans ma boutique de King's Rd. Et puis j’aime rencontrer mes clients et voir qui portera mes sacs à main !

 

My London Macadam : Vos quartiers préférés ? des adresses pour les Français ?

Daniela : Chelsea bien sûr ! Même si j'ai un petit faible pour les lunches à Mayfair ! On ne peut pas se tromper en choisissant le Ritz : le chef John Williams y fait des merveilles. Ou encore Sketch et son décor extravagant… qui n'est pas sans rappeler celui de ma boutique. Pour le “afternoon tea”, je ne peux que recommander le spectaculaire salon de thé du Wolseley.

 

London Macadam : Merci et à bientôt sur le Macadam Londonien !

Daniela : merci.

 

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