Stéphan Eicher
Le chanteur suisse s'est entouré de Raphaël et de Mickael Furnon pour trouver son « Eldorado ». Un album aux accents minimalistes de ses débuts. Une rencontre intime pour les Français de Londres. Interview à écouter sur www.londonmacadam.com/radio
LONDON MACADAM : Stéphane Eicher, bonjour. Je vous interviewe pour les Français de Londres.
STÉPHAN EICHER: Oui bonjour. J’ai toujours voulu vivre soit à Londres soit à Berlin…
LM : Parlez-nous d’Eldorado.
SE : Aller au bout des choses dans une vie artistique, c'est écrire tous les albums qui sont en nous. On est des chercheurs qui se mettent des choses plein les mains et un jour, il faut tout rassembler. Il y a quelques années, j'ai arrêté la musique électronique, le punk, le new wave. Quand je suis passé du punk vers des instruments plus acoustiques, ce disque à commencé à se former, depuis plusieurs années maintenant. Tous les disques qui me sont chers sont un peu comme ça, je les porte longtemps avec moi. Je les joue en direct comme du live mais sans public. Eldorado est comme ça.
LM : Comment se sont faits les choix instrumentaux ? On dirait la musique d’un film.
SE : Oui, c'est une bonne analyse, ce sont des instruments dont le temps de réaction est très court. Pas de synthé, des instruments à cordes. J'ai toujours eu envie de travailler avec des cuivres mais, en les utilisant comme dans la musique classique. Cela vient de
mon travail en 2001 sur le film d'Antoine de Caunes où j'ai travaillé avec un orchestre symphonique. Cela donne du grain.
LM : J’aime beaucoup Philippe Dijan en tant que romancier. Alors Philip Dijan et vous, comment travaillez-vous ensemble ?
SE : On est tous les deux solitaires dans la création. Lui, pire que moi, il se crée un monde. Philip travaille séparé du monde et, moi aussi, musicalement. Cette amitié dure depuis plus de 20 ans. On discute de nous, des amours, du monde et il note des thèmes qui reviennent. Il écrit des textes, il me les donne, je les imprime au mur. J'ai ma guitare, je marche et là… je fais de la musique avec ce texte collé au mur de mon grenier.
LM : Pour cet album, vous avez travaillé avec la nouvelle generation comme Raphaël, Mickey 3D. Comment ces rencontres se sont-elles faites ?
SE : Avec Raphaël, cela fait longtemps qu'on se croise et qu'on passe du temps ensemble. On a des agendas très chargés mais on essaie de voir ce qu'on cherche chacun de notre côté. Il m'a joué les chansons qu'il a travaillées puis, on a échangé nos idées. En octobre dernier, dans un hôtel hors saison, avec des palmiers et du vent, on se croyait au Mexique, on a eu deux journées de libre, quelqu'un faisait des spaghettis et, on a commencé à jouer… La chambre 56 a vu l'enregistrement de la chanson de Raphaël…
LM : Une tournée Stéphan Eicher ?
SE : Là, je prépare les arrangements pour la tournée qui commence dans toute la France.
LM : My London par Stéphan Eicher ?
SE : Oui, beaucoup. J'adore. J'ai une toute petite famille et Londres est sur notre liste. Deux à trois fois par an, je viens. Je me souviens à la fin des années '70, on est allé à King's Road avec des punks. Après, on a dormi à même le sol chez eux. Dernièrement, je suis venu travailler un disque de Visconti qui a produit les Rita Mitsouko à Soho, j'ai trouvé un bar italien des années '80 avec des photos de boxers au mur et un très bon café.
LM : Stéphan, je vous remercie beaucoup.
SE : Voilà, merci. Ca allait comme ça ?
LM : Très bien, merci Stéphane ! |