Charlotte Gainsbourg forever

A20 ans après Lemon Incest, Charlotte Gainsbourg revient avec un album bien à elle : 5.55, magique, intime, à écouter en boucle. Une interview exclusive pour les lecteurs de London Macadam.

L M : Charlotte bonjour. 20 ans pour revenir à la chanson, c’est long ?
C G : Pour moi ce n’est pas si long. C’est vrai que j’ai fait ce premier album « Charlotte forever » avec mon père et j’ai mis longtemps à m’autoriser à penser à en réaliser un autre. La chanson, j’en avis une petite expérience avec lui, et il est mort…

L M : Pourquoi cette envie d’y revenir ?
C G : J’ai eu quelques épisodes avec un duo avec Etienne Daho, Madonna a pris un petit extrait du « Jardin de Simon » mais jamais rien de volontaire, c’était plus des invitations.

L M : Comment avez-vous rencontré Air ?
C G : Par hasard, à un concert de Radiohead. J’avais un coup de foudre pour la musique de « Virgin Suicides » et eux, pensaient aussi à moi. Je ne voulais en aucun cas passer une commande d’album. Je voulais essayer d’écrire même si je ne m’en sentais pas capable.

L M : Pourtant ce disque est très personnel et vous chantez en anglais ?
C G : Je me suis impliquée de A à Z, j’ai pris le temps qu’il faut, je n’étais pas pressée, il y avait comme une alchimie entre nous qui a rendu les choses possibles. Je voulais chanter en anglais car les références à mon père étaient trop lourdes avec la langue française. Avec l’anglais, j’avais un plus grand espace de liberté, cela devenait mon album même si l’album à un coté gainsbourien…

L M : Vous dites, vous avez toujours été habituée à être dirigée et là, pour une fois vous aviez tout à faire ? Comment avez-vous avancé dans cet album ?
C G : Je tenais beaucoup aux mots, aux paroles, je trouvais que ce n’était pas assez fort. Nigel m’a dit : « vas-y, débrouille-toi, c’est ton album », je suis contente d’avoir fait ce pas aujourd’hui.

L M : Qu’est ce que vous y avez mis de vous ?
C G : Avec les mots des autres, je me dévoile beaucoup, c’est un album avec lequel je suis tout en accord, un album nocturne. Les thèmes sont : la nuit, les rêves…avec des chansons comme Morning Song. Ce sont toutes des introspections ou des face à face, jamais des expositions.

L M : C’est une expérience qui vous a épanouie ?
C G : Il y a eu des moments de doutes mais j’ai vraiment adoré, je ressens la même chose sur les tournages mais c’est comme cela que j’avance, je me construis sur mes doutes …

L M : Londres pour vous ? Les souvenirs que vous y avez ? Avec Jane, vos sœurs, Serge peut être ?
C G : Je suis née ici mais je n’y ai jamais vécu. Je venais voir ma grand-mère qui n’est plus aujourd’hui, c’était mon seul lien avec cette ville et je restais en famille. J’aime cette ville, Chelsea où elle  vivait, La Tate, Soho ou Covent Garden. J’y ai tourné « Ma femme est une actrice » pour Yvan Attal et j’y ai plein de souvenirs.

L M : Merci Charlotte

C G : Mais c’est moi merci

Caroline Sivilia


Discographie
Charlotte Forever (1986) Philips
Actrices (1991) Philips
L’Odyssée des Enfoirés (2001) BMG
5 :55 (2006) Wagram / Because Music








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