Arielle Dombasle

Evanescente, fragile, érudite, elle est là, sur le sofa, face à moi. Son dernier album nous parle d’amour avec un grand A et moi je la crois. Abandon sentimental pour vous, lecteurs de London Macadam. Amor, Amor !

Arielle Dombasle est en tournée internationale pour son album « Amor, Amor », double disque d’Or en France.

London Macadam – Arielle bonjour. Les reprises, dans votre album de Besame mucho, Quizas quizas ou Amor amor renouent avec votre jeunesse mexicaine...
Arielle Dombasle : Oui, je suis née aux États-Unis, en 1958, dans le Connecticut, mais je suis arrivée à l'âge de trois mois à Mexico où mon grand-père était ambassadeur de France. Donc, je suis vraiment ce qu'on appelle une chiquita. Ma première langue, c'est l'espagnol, je l'ai apprise avec la cuisinière. Dans la cuisine, je chantais Carmen. Lorsque mes parents parlaient français entre eux – pour qu'on ne les comprenne pas d'ailleurs –, je les trouvais incroyablement sophistiqués. Après, je l'ai appris à l'école, avec grande peine, d'ailleurs. Et je n'ai jamais réussi à en maîtriser totalement l'orthographe...

L M : A dix-huit ans, en 1976, vous débarquez à Paris pour faire le conservatoire. Quels souvenirs gardez-vous de vos débuts ?
A D : Je ne connaissais personne à l'époque, j'ai dû m'adapter très vite. J'ai même eu des amis punks. Il y en avait qui étaient très vulnérables, d'autres qui étaient plus radicaux. Quand les gens remarquaient que j'avais un léger accent, je disais : «Oui, je suis Suisse».

L M : Peut-on parler d’une réconciliation avec vous-même ?
A D. : Oui, c’est mon cœur mis à nu, quelque chose de tendre et de vulnérable que je livre ici pour la première fois. C’est une époque que je n’ai pas connue, celle de ma mère, une femme exquise très féminine qui pleurait en écoutant ces chansons. Une époque très romantique.

L M : Avez-vous été surpris par le succès de Amor, Amor ?
A D. : Bien sûr. Je voyais des salles combles et me disais ces gens sont venus entendre des boléros des années 40, c’est merveilleux…

L M : L’album a un coté très glamour, rétro, lounge… ?
A D : Oui, l’idée d’un album réalisé dans un studio comme à l’époque : un son direct, aucune interaction, des instruments simples, des musiciens rencontrés à Cuba. Il y a quatre ans, à l'occasion du tournage d'un film, il m'est revenu ces chansons de mon enfance, ces boléros, ces calypsos, ces rumbas. Et là j'ai eu envie de chanter ce répertoire. Cet album est un «cross over», un disque du continent américain, avec des standards latins mais aussi des evergreens, ces ballades américaines.

L M : Après l’album « Extase », c’est un vrai changement…
A D : Oui, on m’a souvent dit «Arielle, tu as une voix d'or, tu devrais chanter.» Mais j'avais peur de chanter. Alors j'ai pris des cours de solfège. J’ai suivi le conservatoire, j’ai beaucoup travaillé. C'est seulement quand je me suis sentie complètement prête, que j’ai commencé. J'ai fait d'abord quelque chose de très spécial, des oeuvres de Haendel en électro. Maintenant, je peux à peu près tout chanter.

L M : L’Amour, c’est ce qu’il y a de plus important pour vous Arielle ?
A D : Incontestablement, c’est toute ma vie…

L M :
My London par Arielle Dombasle?
A D : Oh, j’adore Londres ! Mais j’aime ce mélange d’excentricité et de civisme. Cette ville a su adapter ce qu’il y avait de mieux de tous les pays du monde.

L M : Vos projets pour 2006 Arielle?
A D :Des concerts partout : Etats-Unis, Canada, Montréal et peut-être Londres et au Japon…

Merci Arielle
Merci infiniment et Bravo à London Macadam !

Caroline Sivilia

Album Amor, amor chez Wrasse Records


Discographie :

Je te salue mari (1980)
Liberta (2002)
Extase (2003)
Les Belles Histoires de Comtesse de Ségur (2004)
Amor Amor (2004)


Credit : Courtesy of Sony Music International


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