Amanda Sthers
Pour le livre Madeleine aux éditions Stocks
L’histoire émouvante de Madeleine : un amour passionnel, violent et douloureux mais la séparation, c’est aussi, l’histoire d’une guérison, d’une résurrection.
Bonjour Amanda Sthers. Racontez-nous Madeleine en quelques mots…
Madeleine, c’est l’histoire d’une femme en mal d’amour et qui pense que rien ne va lui arriver. Elle est agent immobilière et en faisant visiter des maisons, elle va trouver un homme qui va transformer sa vie. C’est une histoire passionnelle, violente et difficile. C’est l’histoire de la transformation de la vie de deux êtres.
Il parait que votre père a dit que Madeleine, c’est le personnage qui vous ressemble le plus…
Oui, c’est un peu autobiographique, c’est vrai. C’est mon frère qui a dit ça. Je comprends ce qu’il a ressenti. Ce personnage a des failles qui sont proches des miennes et qui sont moins connues du public. Disons qu’elle est ce que j’aurais pu être. C’est une fille qui n’est pas jolie parce qu’on ne lui a jamais dit, non pas qu’elle soit moche ou qu’elle se laisse aller, c’est parce qu’on ne lui a jamais dit. Il y a des filles comme ca qui ne sont pas jolies mais qui dégagent quelque chose d’incroyable mais on leur a tellement dit, qu’elles finissent par y croire.
Il y a aussi cette solitude. C’est quelqu’un qui a peur de la vie, qui a peur d’affronter les gens et qui peut être très extravertie comme extrêmement timide. Et puis parfois, elle peut rester très seule.
Madeleine, c’est vous ?
Pour ca, elle me ressemble. Après, c’est un mélange de plein de choses. Disons que c’est plein de maux que je trimballe avec moi, de ma famille. C’est un mélange d’émotions mais aussi de traits de personnes que je connais. Disons que Madeleine, c’est un personnage inventé, ce n’est pas tout-à-fait moi.
Et ce décor, Brest… Pourquoi ?
Brest, c’est une ville un peu triste, un peu sinistre. C’est aussi un paysage sublime, avec la mer, les rochers, c’est sauvage… c’est très beau mais c’est aussi une ville qui a été détruite pendant la guerre et reconstruite à la va vite. C’est sombre et gris. Brest représentait bien ce que j’avais envie de raconter. C’est un vrai reflet de l’histoire et de Madeleine.
Dans votre livre, vous dites : « Dans ses yeux, on voyait la mer… »
Oui, il y a un espoir de beau temps, d’éclaircie, de choses qui vont arriver. Comme elle, parce qu’elle espère le grand amour.
Il y a deux personnages dans ce livre qui se rencontrent et qui n’ont rien en commun. Ils se perdent un peu l’un dans l’autre. Lui, parce qu’il veut retrouver ses racines. Elle, parce qu’elle cherche à s’échapper et elle idéalise cet homme…
Oui, c’est ça l’amour. Si ça ne marche plus, c’est que l’on est guéri ou que l’un des deux est guéri. Elle est à la recherche de quelqu’un qui donne un miroir différent, qui va la regarder et qui va lui faire sentir qu’elle est désirable. Lui, il est à la recherche de ses racines, des racines qu’il a rejetées, d’un père dont il a honte. C’est un peu la femme qu’il aurait pu épouser, s’il était resté dans sa petite Bretagne, s’il n’avait pas d’argent, s’il n’était pas parti ailleurs. Il vient pleurer son père parce qu’avant, il n’arrivait pas à pleurer. Elle, elle va apprendre à nager.
Oui, d’ailleurs il y a cette phrase : « Petit à petit, tu apprendras à nager. »
Oui, c’est l’histoire d’une femme qui apprend à nager et d’un homme qui apprend à retrouver son passé. Et puis, ils se sont guéris mutuellement. Même si l’histoire est un peu violente, un peu douloureuse, c’est l’histoire de deux guérisons, d’une résurrection…
Comment travaillez-vous ?
Il y a un départ de recherche. J’ai une envie de lire et je m’approprie certains éléments. Il y a des éléments de vérité et des choses totalement inventées. Je travaille beaucoup la nuit, quand ca me réveille.
Une idée de l’histoire de votre deuxième roman?
C’est l’histoire des deux derniers juifs de Kaboul qui vivaient dans la rue principale de la ville. L’un de ces deux Juifs est écrivain public et un jour, une femme voilée vient lui demander d’écrire une lettre pour elle parce qu’elle avait aimé un journaliste américain sous les bombes et elle attendait un enfant. Elle attend que cet homme vienne la chercher et la sauver car sinon, elle sera lapidée. Et il y a cette attente… Ces deux Juifs et cette femme attendent la réponse d’un journaliste américain. Il va recevoir cette lettre qui va bouleverser sa vie à l’autre bout du monde. Il y a deux histoires en parallèle…
Des projets ?
Je réalise mon premier long métrage au printemps dans lequel il y aura Virgine Ledoyen, Patrick Bruel, Pierre Harditi… une ribambelle de jeunes acteurs et actrices. Ca se passe entre Paris et Montréal. C’est l’histoire de destins qui se croisent et qui se transforment à jamais. Il y a des rires et des larmes. J’ai hâte de vous le montrer fini.
My London par Amanda Sthers ?
Je suis beaucoup venue à une époque. J’avais pour fantasme quand j’étais petite de venir vivre ici. J’aime beaucoup la mentalité des Anglais, c’est très libre, il y a une ouverture d’esprit que j’aime, une dynamique, une vraie énergie. Il y a aussi la musique.
Londres pourrait-il être le cadre de l’un de vos romans ?
Oui, cela pourrait, ce serait possible.
Bibliographie d’Amanda Sthers
Ma place sur la photo, roman autobiographique, 2004.
Chicken street, roman, 2005.
Le vieux Juif blonde, pièce de théâtre : monologue créé pour Mélanie Thierry et mis en scène par Jacques Weber, 2006.
Le chat bleu, l'alouette et le canard timide avec Pierre Cornuel, Grasset Jeunesse, 2006.
Thalasso, pièce de théâtre, mise en scène par Stéphan Guérin-Tillié et interprété par Gérard Darmon, Thierry Frémont, Jean-Philippe Ecoffey et Alexandra London entre autres, Avant-scène théatre - N° 1230, août 2007.
Madeleine, roman, Stock, 2007.
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